Elle a failli annuler trois fois. Trois semaines de messages, une photo qui ne dit rien du vrai visage, et maintenant cette table réservée pour deux à vingt heures. Ce qui l’inquiète, ce n’est pas lui. C’est de ne pas se reconnaître en arrivant.

La Berthe change ça. Le col plongeant, le corsage brodé qui capte la lumière du bar sans en faire trop, la jupe en tulle qui bouge quand elle marche vers la table. Elle s’assoit, elle respire, et pour la première fois depuis trois semaines elle se sent exactement comme sur la photo qu’elle a envoyée.

Il se lève pour l’accueillir. Elle sait déjà que ce rendez-vous ne ressemblera à aucun message échangé avant.
